Mon histoire : écouter enfin son corps
Je m’appelle Alexandra Muller, et j’ai fondé balancelab. Avant d’accompagner d’autres femmes, il a fallu que j’apprenne à écouter mon propre corps. Voici ce chemin, tel que je l’ai vécu.
Un corps et un esprit qui ne marchaient pas dans la même direction
Pendant longtemps, j’ai eu cette impression étrange que mon corps et mon esprit ne marchaient pas dans la même direction. Je ressentais des blocages, des tensions, sans pouvoir toujours mettre des mots dessus. Mes règles ont disparu pendant dix-huit ans, jusqu’à mes 32 ans. S’y ajoutaient des cystites à répétition, des mycoses, des douleurs lors des rapports. Je vivais tout cela comme des obstacles isolés, sans voir le lien entre eux. Pourtant, quelque part au fond de moi, je savais que mon corps cherchait à me parler.
En y réfléchissant, j’ai réalisé que ces manifestations traduisaient une peur d’accueillir. Une peur de ce qui pouvait entrer dans ma vie ou dans mon corps : l’homme, la nourriture, les émotions. Un besoin viscéral de contrôle, comme une carapace que je m’étais forgée pour me protéger. Et derrière cette carapace, une difficulté à lâcher prise, à m’ouvrir pleinement.
Mon utérus, ce symbole du féminin et de l’accueil, me renvoyait lui aussi des messages puissants. Il représentait le nid, un espace de création et d’intimité. Pourtant, j’étais phobique à l’idée d’avoir une maison à moi, un endroit où m’ancrer. Ce paradoxe m’accompagnait : je rêvais de fonder une famille, mais je me sabotais moi-même, sans comprendre pourquoi.
Chercher, longtemps
Face à toutes ces questions, j’ai commencé à chercher des réponses. C’était le début d’un long voyage, à la fois extérieur et intérieur.
En 2013, je suis partie seule en Thaïlande. Pendant plus de treize hivers, je me suis formée en Asie, en Thaïlande et à Bali. Le Chi Nei Tsang, ce soin du ventre hérité de la tradition taoïste, a changé ma façon de toucher. En France, je me suis ensuite spécialisée dans la santé féminine : le cycle, la fertilité, la périnatalité.
J’ai aussi pris le temps, accompagnée, de regarder mon histoire familiale, pour distinguer ce qui m’appartenait de ce que je portais sans l’avoir choisi. Et j’ai appris à relier le corps et l’esprit : la façon dont le stress, les émotions et ce que l’on traverse se lisent aussi dans le corps.
Ce qui a changé
Ce chemin m’a appris à écouter mon corps avec bienveillance. À ne plus le voir comme un ennemi ou un obstacle, mais comme un allié. Chaque symptôme est devenu un message à écouter plutôt qu’à faire taire.
Il m’a surtout appris à sortir de mon énergie masculine, celle qui avance en ligne droite, pour retrouver le rythme d’un corps qui vit en cycle. À redonner de la place au yin, à la douceur, au repos. À recevoir des soins. À vivre une relation qui me sécurise. Mon cycle est revenu, d’abord irrégulier, et il m’a fallu encore quelques années pour apprendre à le lire.
Et j’ai découvert que derrière cette peur de l’accueil, il y avait aussi une immense capacité à créer, à aimer, à transmettre.
Ce que j’ai vécu n’est pas une méthode à reproduire : c’est mon chemin, et chaque corps a le sien. J’ai raconté plus en détail ce qui m’a aidée à retrouver mon cycle, et ce que la science dit de l’aménorrhée.
Ce que j’en ai fait
Aujourd’hui, je partage cette expérience parce que je sais combien on peut se sentir perdue face à des signaux qu’on ne sait pas toujours lire, et combien il compte d’être accompagnée, en complément du suivi médical. Je sais aussi combien il faut de courage pour s’ouvrir à soi-même.
Avec balancelab, je propose un espace pour se reconnecter à soi, en douceur et à son rythme. Chaque soin, chaque accompagnement est inspiré de ce cheminement, et d’une conviction : le corps a ses propres ressources, et mon rôle est de vous aider à l’écouter. Je relie ce que les médecines ancestrales m’ont appris à ce que la science comprend aujourd’hui, et je me forme en nutrition et micronutrition. C’est mon approche.
Vous n’êtes pas seules. Je connais, de l’intérieur, ce que c’est de chercher longtemps. Ensemble, on avance pas à pas.
Les lectures qui m’ont accompagnée
Sur ce chemin, trois livres ont compté. Femme désirée, femme désirante, de la gynécologue Danièle Flaumenbaum, m’a aidée à mieux comprendre mon rapport à ma féminité et à l’intimité. Mon corps raconte mon histoire, de la gynécologue Anne Gabard-Allard, a mis des mots sur le lien entre le corps et ce que l’on traverse. Lune rouge, de Miranda Gray, m’a offert une façon de relier mon cycle à ma créativité, même en période d’aménorrhée.
Avec tout mon amour,
Alexandra